mardi, mars 28, 2006

Dominique Aury, 1935 (droits réservés).

vendredi, mars 17, 2006

Dominique Aury, par Angie David





Pauline Réage, Dominique Aury, Anne Desclos : derrière ces trois noms se cache une femme secrète et singulière. Elle est célèbre dans le monde entier comme auteur d’Histoire d’O, chef-d’œuvre de la littérature érotique publié en 1954, dissimulée sous le nom de Pauline Réage. Elle est plus connue sous celui de Dominique Aury, qu’elle porte dans sa carrière littéraire chez Gallimard et à la NRF, auprès de Jean Paulhan. Elle le gardera jusqu’à la fin de sa vie, en 1998. Mais son véritable nom est Anne Desclos, sous lequel elle est née en 1907. La plus grande passion de Dominique Aury est le secret et toute sa vie est organisée autour de la clandestinité : l’usage du pseudonyme, les lettres cachées, les témoignages contradictoires.
Écrire sur Dominique Aury, c’est tenter d’approcher, à travers le mystère qui l’entoure, au plus près de son intimité. Angie David construit sa biographie à partir des correspondances inédites qu’elle a échangées avec Thierry Maulnier, Jean Paulhan, Maurice Blanchot, Édith Thomas et Janine Aeply (la femme du peintre Jean Fautrier), faisant apparaître les amours et amitiés particulières qui auront le plus compté pour elle. Ceux qui croyaient connaître cette figure centrale de la littérature du XXe siècle découvriront son parcours professionnel et intellectuel sous un jour nouveau, inattendu, que le parallèle entre Histoire d’O et son histoire personnelle rend plus troublant encore. Mais ils découvriront surtout une femme indépendante, moderne, une vie passionnée et passionnante, hors du commun, d’une liberté irréductible.

Dominique Aury, à la fin des années 20 (collection Dorothy Kaufmann).


Dominique Aury et son fils Philippe, 1937.

Dominique Aury, permis de conduire (1939).

Dominique Aury, dessins au crayon de Bernard Milleret (1942 et 1943).


Dominique Aury, à la fin des années 40 (studio Lipnitzki).

Dominique Aury, à la Libération.

Dominique Aury corrigeant des épreuves (fin des années 40).

Réception à la Guilde du livre de Lausanne (fin des années 40).

Dominique Aury devant la maison des Pilotaz en Guinée (janvier 1952).

Jean Paulhan, Dominique Aury et Marcel Arland, dans le bureau de Jean Paulhan en 1953 (DR).

Dominique Aury en 1954.

Portrait de Jean Paulhan.

Dominique Aury et Jean Paulhan au prix Formentor (1963).

Dominique Aury en 1996 (Jacques Sassier, Gallimard).

La première biographie de Dominique Aury






Angie David nous fait découvrir les multiples vies d’une des femmes les plus secrètes du monde littéraire du XXe siècle.

Anne Desclos, Dominique Aury, Pauline Réage, derrière ces trois noms se cache une figure singulière, une femme ayant voué toute sa vie un culte au secret.

En librairie le 3 avril 2006.

560 pages, 25 euros.

Les multiples facettes de ce personnage complexe apparaissent dans son parcours littéraire, qui commence dans les revues maurassiennes des années 30 et se poursuit durant la guerre, au cœur de la Résistance. C’est alors qu’elle publie son premier ouvrage, une anthologie de poésie religieuse, chez Gallimard. Après la guerre, ayant rejoint Jean Paulhan et l’équipe de la NRF, elle est la première et seule femme pendant plus de vingt ans au comité de lecture Gallimard. En 1954, elle devient célèbre dans le monde entier sous le nom de Pauline Réage, auteur du chef-d’œuvre de la littérature érotique Histoire d’O.

Il peut paraître étonnant qu’une personnalité aussi passionnante n’ait jamais fait l’objet d’une biographie. Les nombreuses tentatives se sont toujours heurtées au silence, à la dissimulation, au paradoxe que leur opposait celle qui se définissait par sa « vocation clandestine ».

Pour lever le voile, Angie David a retrouvé les correspondances personnelles, jusque-là restées secrètes, dans lesquelles se dessinent les relations, les liaisons, les amitiés particulières avec les hommes et les femmes qui marquèrent sa vie, comme son époque : Thierry Maulnier, Jean Paulhan, Maurice Blanchot, Édith Thomas et Janine Aeply (femme du peintre Jean Fautrier).

À l’intérieur de ces lettres intimes, de ces mots cachés, Angie David tente de percer l’intimité de cette femme moderne, véritable personnage romanesque, précurseur des questions contemporaines sur l’identité. Son refus d’obéir aux contraintes de la condition des femmes, son désir de travailler dans le monde intellectuel, d’être indépendante tout en utilisant la protection des hommes de pouvoir, correspondent à son exigence absolue de liberté. Le secret est la garantie de cette liberté, de cette faculté de choisir sa sexualité, et lui permet d’affirmer sa singularité.

Devant l’impossibilité de mener une enquête sur Dominique Aury, Angie David, en dénouant le fil d’une complicité avec elle, la rejoint dans une forme originale de biographie tissée à partir de sa correspondance intime, exclusivement inédite. Au-delà de la découverte de cette femme, c’est un nouveau regard sur son seul et unique roman, discrètement autobiographique, Histoire d’O.

Écrire une biographie sur Dominique Aury, c’est raconter l’histoire d’un personnage révélateur de la vie littéraire du XXe siècle, et découvrir sous un nouveau jour des personnalités historiques comme Jean Paulhan ou Édith Thomas.